Automnal

 

J’entends Thoreau qui m’appelle — entre les feuilles
Et mon bourbon dans leurs sillons bourbeux.
Ça ruisselle et ça aime à sortir en deuil ;
Ça gicle au pied des arbres, des brumeux
Sentiers serpentant, couvant le sommeil
— Quelques pas dansant, courant sans pareil.

Au lointain bariolé, rideaux de pluie,
Monceaux de souvenirs humidifiés
Qu’on délaisse, des rêves qu’on oublie
Car ça ruisselle au bas des sacrifiés,
Car le visage embrasse un autre austère
Fracassé dans la flaque, éprit de terre.

Et par le ciel et par l’odeur mesquine,
Sortis sans but, nous rentrons plein de vide
Retrouver le feu, notre chrysalide.
Ou bien, dans le courant des fleurs sanguines,
Nous dérivons à perdre un jour futile
Fut-il aussi morne que volubile ;

Jusqu’aux bois où se répand son essence,
— Sous les ramées et sous les gouttes —
Dévorés par sa clémence,
Sous la mort et le doute
Pour pleurer, pour lire
La Nuit sans cire.

Jordan Poncet — 30/09/17

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